Prendre soin de soi et prendre soin du vivant : deux sujets séparés ?

Et si l’écologie personnelle et l’écologie globale avaient davantage en commun qu’on ne le pense ? Nos gestes les plus ordinaires, prendre soin de sa peau, choisir un produit, utiliser un objet ou décider de le garder, montrent comment l’attention portée à soi peut naturellement élargir notre regard sur ce qui nous entoure.

Quand on parle d’écologie, on pense assez vite à la planète, aux déchets, à l’énergie, à ce que l’on achète.

Quand on parle de prendre soin de soi, on change complètement de registre.

Notre corps. Notre peau. Notre alimentation. Notre rythme de vie.

Deux sujets différents, donc ?

Pas complètement.

Parce que dans la vraie vie, ils se rencontrent au même endroit : dans une multitude de gestes tellement ordinaires qu’on ne les regarde presque plus.

Prendre une douche. Choisir un savon. Manger. S’habiller. Acheter quelque chose. Le garder. Le réparer. Le jeter.

Et c’est peut-être là que se trouve le lien le plus intéressant entre écologie personnelle et écologie globale.

Pas dans les grands principes.

Dans l’attention que l’on porte à ce que l’on fait.

Vous êtes pressé(e)? L'essentiel en 30 secondes

Prendre soin de soi et prendre soin de ce qui nous entoure ne sont pas forcément deux démarches séparées.

Comprendre sa peau, savoir ce que l’on utilise et pourquoi on le choisit change déjà notre manière de consommer.

Pas besoin pour autant de tout remettre en question ni de chercher le choix parfait.

Quelques réflexes suffisent : choisir ce qui nous convient réellement, s’intéresser à la manière dont les choses sont fabriquées, privilégier la durée lorsque cela a du sens et ne pas oublier un élément essentiel : le plaisir d’utiliser ce que l’on a choisi.

En bref : mieux comprendre pour mieux choisir, sans transformer le quotidien en contrainte.

Tout commence parfois par un détail


On peut utiliser quelque chose pendant des années sans vraiment se poser de question.

Puis, un jour, on regarde l’étiquette.

On se demande pourquoi on utilise trois produits différents.

On découvre comment quelque chose est fabriqué.

On réalise qu’un objet pourrait encore servir.

Ou simplement qu’on rachète systématiquement la même chose sans savoir pourquoi.

Rien de spectaculaire.

Mais à partir du moment où l’on commence à regarder, le geste n’est déjà plus complètement automatique.

C’est souvent ainsi que nos habitudes évoluent.

Pas parce que quelqu’un nous a expliqué qu’il fallait absolument les changer.

Parce qu’on a compris quelque chose que l’on ne voyait pas auparavant.

Comprendre change notre manière de choisir

Prenons la peau.

Plus on comprend son fonctionnement, plus certaines promesses deviennent relatives.

Une peau évolue. Elle réagit à son environnement. Ses besoins peuvent changer selon les saisons, l’âge, les périodes de la vie ou simplement les circonstances.

Cela ne donne pas automatiquement la réponse à la question « quel produit dois-je utiliser ? ».

En revanche, cela permet de poser de meilleures questions.

Et c’est valable pour beaucoup de choses.

Savoir comment un produit est fabriqué, d’où vient une matière ou à quoi sert réellement un ingrédient ne nous oblige pas à choisir d’une certaine manière.

Cela nous permet simplement de choisir en connaissance de cause.

Il y a une différence assez importante entre acheter quelque chose et savoir pourquoi on le choisit.

Ce que l’on connaît n’a plus tout à fait la même valeur

Il suffit parfois de voir fabriquer quelque chose pour s’en rendre compte.

Un savon posé sur une étagère est un savon.

Lorsque l’on connaît les matières qui le composent, les différentes étapes nécessaires à sa fabrication, le temps qu’il faut avant de pouvoir l’utiliser, on ne regarde plus exactement le même objet.

Sa fonction n’a pas changé.

Notre regard, oui.


C’est vrai d’un savon comme d’un meuble, d’un vêtement, d’un aliment.

Connaître l’histoire d’une chose ne la rend pas automatiquement meilleure.

Mais elle la rend moins anonyme.

Et ce qui devient moins anonyme est souvent utilisé différemment. 

Prendre soin, c’est aussi faire durer

Nous associons facilement le soin au corps.

Mais nous prenons également soin de ce qui nous entoure.

On entretient une paire de chaussures que l’on aime.

On garde un objet auquel on tient.

On répare parfois quelque chose que l’on aurait remplacé sans hésiter quelques années auparavant.

Et ce n’est pas nécessairement par conviction écologique.

Parfois, on veut simplement conserver quelque chose que l’on apprécie.

Cette notion de durée est intéressante parce qu’elle remet le plaisir dans la discussion.

Faire durer n’est pas forcément se priver.

Un objet que l’on aime utiliser pendant dix ans peut apporter beaucoup plus de satisfaction qu’une succession d’objets achetés puis oubliés.

Et un produit que l’on apprécie vraiment n’a pas besoin d’être entouré de dix autres pour avoir sa place dans notre quotidien.

Nous ne vivons pas à côté de notre environnement

C’est probablement là que la frontière devient encore plus floue.

Nous parlons souvent de notre corps d’un côté et de « l’environnement » de l’autre.

Pourtant, notre peau suffit à montrer que la séparation n’est pas aussi nette.

Elle rencontre chaque jour l’air, l’eau, le froid, la chaleur, le soleil, les vêtements, les produits que nous utilisons.

Elle s’adapte en permanence à ce qui l’entoure.

Nous faisons partie de cet environnement avec lequel nous interagissons.

Et lorsque l’on commence à regarder les choses ainsi, prendre soin de soi et prendre soin de ce qui nous entoure deviennent moins faciles à séparer. 

Cela ne veut pas dire qu’il faut tout faire parfaitement

C’est probablement le piège.

À partir du moment où l’on commence à regarder davantage ce que l’on consomme, on peut rapidement transformer chaque choix en problème.


Est-ce local ?

Recyclable ?

Rechargeable ?

Naturel ?

Fabriqué en France ?

Est-ce que j’en ai vraiment besoin ?

À ce rythme-là, acheter un flacon de gel lavant pourrait presque nécessiter une réunion de crise.

Ce n’est pas le sujet.

L’attention n’a d’intérêt que si elle nous aide à choisir, pas si elle transforme le quotidien en examen permanent.

Il y aura des contradictions.

Des produits très bien que l’on achètera malgré leur emballage.

Des objets que l’on remplacera plutôt que de les réparer.

Des jours où la solution la plus pratique gagnera.

Et heureusement.

Le plaisir compte aussi

On oublie parfois cet élément lorsqu’on parle de consommation plus consciente.

Nous choisissons aussi parce que quelque chose est beau, agréable, pratique, confortable ou simplement parce qu’il nous plaît.

Et ce n’est pas un problème.

Au contraire.

Le plaisir crée lui aussi de l’attachement.

Une odeur que l’on aime retrouver.

Une texture agréable.


Un bel objet que l’on garde.

Un contenant que l’on préfère remplir plutôt que jeter.

Prendre soin du quotidien ne consiste pas forcément à enlever tout ce qui serait superflu.
 
Il peut aussi s’agir de mieux distinguer ce qui nous apporte réellement quelque chose de ce que nous accumulons sans même y penser.
 

Peut-être que le lien est simplement là


L’écologie personnelle et l’écologie globale ne sont probablement pas une seule et même chose.

Mais elles peuvent avoir un point de départ commun : l’attention.



Attention à ce que l’on ressent.

À ce que l’on utilise.

À la manière dont les choses sont faites.

À ce que l’on souhaite garder.

À ce qui nous fait réellement du bien.

Puis cette attention s’élargit parfois naturellement.

Pas parce qu’il faudrait devenir exemplaire.

Simplement parce qu’une fois que l’on commence à regarder ce qui nous entoure, il devient difficile de faire comme si tout cela était complètement séparé.

Prendre soin de soi, prendre soin de ses objets, choisir ce que l’on consomme, regarder comment les choses sont fabriquées, prendre soin du vivant...

Ce sont des gestes différents.

Mais ils racontent peut-être une même chose :

la valeur que l’on décide d’accorder à ce qui fait partie de notre quotidien.

C’est aussi l’engagement que Lo des Vignes cherche à faire vivre au quotidien : proposer des soins pensés avec attention, en gardant ensemble l’usage, le plaisir, la fabrication et ce qui nous entoure. 

FAQ : écologie personnelle, écologie globale et gestes du quotidien



Qu’est-ce que l’écologie personnelle ?


L’écologie personnelle désigne une manière de porter attention à ses propres besoins, à ses ressources et à ses habitudes quotidiennes. Elle peut concerner le soin de soi, l’alimentation, le rythme de vie ou encore notre façon de consommer.

Il ne s’agit pas de rechercher la perfection, mais davantage de comprendre ce qui nous convient réellement.


Quel est le lien entre écologie personnelle et écologie globale ?


Les deux notions ne se confondent pas, mais elles peuvent se rejoindre dans certains gestes du quotidien.

S’intéresser à ce que l’on utilise pour soi peut amener à regarder différemment sa fabrication, sa provenance, sa durée d’utilisation ou ce qu’il devient une fois terminé.

Les gestes du quotidien ont-ils réellement un impact ?


Un geste isolé peut sembler minime.

Mais nos habitudes quotidiennes déterminent aussi ce que nous achetons, utilisons, conservons, remplaçons ou jetons.

Leur intérêt ne réside donc pas uniquement dans leur impact individuel, mais aussi dans la manière dont elles façonnent notre rapport à la consommation.


Prendre soin de soi peut-il être compatible avec une consommation plus responsable ?


Oui, sans nécessairement renoncer au plaisir ou chercher systématiquement à consommer moins.

Il peut s’agir de mieux connaître ses besoins, de choisir des produits que l’on utilise réellement, de privilégier la durée lorsque cela a du sens ou encore de choisir le format adapté à son usage.


 Faut-il changer toutes ses habitudes pour avoir une démarche plus écologique ?

Non.

Transformer chaque achat en décision complexe risque surtout de devenir contraignant.

Commencer par observer quelques gestes répétés, comprendre ce que l’on utilise et pourquoi on l’utilise permet déjà de faire des choix plus conscients, sans chercher à tout changer. Il s'agit de la théorie des petits pas.

Si ce que vous avez lu résonne avec votre façon de prendre soin de vous, peut-être que notre univers vous parlera aussi.

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Retrouvez les articles du blog consacrés à son fonctionnement, à ses interactions avec son environnement et aux gestes du quotidien.

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